Les effets à long terme des entorses de la cheville

Les entorses de la cheville sont parmi les diagnostics les plus fréquents chez les kinésithérapeutes. La plupart d’entre nous ont malheureusement subi cette blessure douloureuse en pratiquant des sports qui nécessitent des sauts, des mouvements rapides et des changements de direction fréquents. Le football, l’ultimate frisbee, le basket-ball et le volley-ball sont tous de bons exemples de sports populaires qui entraînent souvent des entorses. Je verrai également à la clinique des patients sédentaires qui ont simplement mal marché sur un trottoir, un escalier ou une surface inégale.

Ce que la plupart des gens ne réalisent pas, c’est que les entorses de la cheville peuvent avoir des conséquences désagréables qui peuvent être observées des années après la blessure initiale. Aujourd’hui, nous allons aborder deux effets qui méritent votre attention.

Le premier problème résultant de l’entorse de la cheville concerne les ligaments qui sont « étirés » par la rotation soudaine et souvent violente de la cheville au-delà de son amplitude de mouvement normale. Ces ligaments ressemblent au plastique qui entoure un pack de six bières. Une fois étirés, ils ne reprennent jamais leur forme initiale. Nous nous retrouvons avec une cheville moins stable, surtout dans la direction où l’entorse s’est produite.

Pour alimenter le feu, les ligaments foulés perdent la capacité de communiquer efficacement avec votre cerveau. Il en résulte une diminution de la coordination de la cheville. Observez une personne qui s’est récemment foulée la cheville en essayant de se tenir en équilibre sur sa jambe : vous constaterez un manque général d’équilibre et de coordination qui reflète ce phénomène.

Un deuxième problème clinique observé longtemps après l’entorse initiale de la cheville est la raideur chronique. Des mois, et même des années après la blessure, il est fréquent de constater une perte de dorsiflexion de la cheville. (La dorsiflexion est la direction dans laquelle la cheville se déplace si vous essayez de rapprocher vos orteils de votre visage en position debout ou couchée). Cette perte de mobilité de la cheville a un effet domino : la marche normale est compromise et les muscles situés plus haut dans la jambe et le bassin perdent de leur efficacité et de leur force. Cela peut entraîner d’autres problèmes tels que des douleurs lombaires et une bursite de la hanche.

Chaque patient que je vois souffrant d’une entorse de la cheville doit faire au moins deux exercices pour combattre les problèmes mentionnés ci-dessus. Le premier est un entraînement à l’équilibre sur une seule jambe, sans les chaussures. Les muscles qui soutiennent la cheville et le pied doivent être rééduqués afin de fournir un maximum de stabilité. Je demande généralement au patient d’essayer de se tenir en équilibre sur la jambe concernée avec le genou légèrement débloqué jusqu’à ce que la cheville soit fatiguée. Une fois que le patient maîtrise cette technique, je le fais progresser sur un coussin en mousse, un oreiller ou un ballon BOSU.

Ensuite, j’apprends aux patients à effectuer un étirement du mollet pour retrouver la dorsiflexion perdue. Le patient fait face au mur avec la cheville foulée placée à environ deux à trois pieds du mur. Les orteils sont dirigés vers le mur, les genoux sont légèrement fléchis et les mains sont placées sur le mur. On demande au patient de se pencher vers l’avant jusqu’à ce qu’un léger étirement soit ressenti dans la partie supérieure de la cheville. Un léger étirement de dix à quinze secondes est conseillé. Cet étirement peut être familier aux coureurs.

Prenez une minute pour observer la façon dont votre cheville bouge. Une cheville a-t-elle moins d’amplitude et de coordination que l’autre ? Vous êtes-vous déjà fait une entorse à cette cheville ? Si c’est le cas, il est dans votre intérêt de faire quelque chose pour y remédier.

Important : les points de vue et opinions exprimés dans cet article sont ceux de l’auteur et non ceux de Everyday Health.

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